| 24 Ore. La bataille juridique fait rage ! |
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| Mardi, 18 Mai 2010 18:36 | |||
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Par Jean-Frédéric Gallo. A la veille de la comparution devant le tribunal de Paris de cinq insulaires accusés de l'avoir aidé pendant sa cavale, le sort d’Yvan Colonna est aussi en train de se jouer. Loin de la correctionnelle. C’est de constitutionalité qu'il est question. Et d’Europe.
Tandis que les présumés complices de la cavale d’Yvan Colonna se préparent à comparaître devant la justice, personne n’oublie que la bataille juridique est toujours en cours pour le berger de Cargèse. Depuis hier, la Cour de cassation discute de la possible saisine du Conseil constitutionnel. Trois questions ont été présentées par les avocats. Tout d’abord, la motivation des arrêts d'assises : en France, les cours d'assises ne motivent pas leurs décisions. Une pratique souvent jugée inéquitable. Deuxième particularité, le système de vote utilisé par les cours d'assises spéciales, cette fois : 9 jurys en appel, contre 15 dans une cour ordinaire. Et, enfin, troisième point soulevé par les défenseurs de Colonna, le fait que la moitié de son procès en appel se soit déroulé sans sa présence, ni celle de ses avocats. CONDAMNATION. Yvan Colonna a déjà été jugé et condamné par deux cours. La réclusion à perpétuité avait été prononcée, en première instance. Face aux sept magistrats, il n'avait eu aucune chance. « Aux 36 questions sur la culpabilité, il a été répondu oui à la majorité», avait alors annoncé le président. CASSATION. Si le Conseil constitutionnel n’annule pas le jugement, le pourvoi en cassation arrivera bientôt. « Ce n’est pas pour tout de suite, précise maître Pascal Garbarini, un de ses avocats. Mais on devrait savoir d’ici quelques mois. Vers octobre. » Ce serait la dernière chance pour Yvan Colonna de se défendre. Tout au moins en France. Car son salut pourrait peut-être venir d’ailleurs. Une nouvelle brèche semble s’ouvrir. PRECEDENT. Le 13 janvier 2009, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la Belgique pour une affaire similaire. «Les décisions judiciaires doivent indiquer de manière suffisante les motifs sur lesquels elles se fondent, pouvait-on lire dans l'arrêt. Les réponses laconiques [oui/non] ont pu donner l'impression d'une justice arbitraire et peu transparente.» Une décision importante. Au pour que Michèle Alliot-Marie avait même prévu d'intégrer la réflexion dans le cadre de la refonte de la procédure pénale. « C’est encore prématuré de parler de cette procédure, rappelle Maître Pascal Garbarini, avocat du tireur présumé. Avant d’imaginer faire appel à l’Europe, nous devrons d’abord avoir utilisé tout les recours de la justice française. » Si le temps qui passe fragilise la mobilisation, et que c'est désormais aussi à d’autres d'être sous les projecteurs, le combat d’Yvan Colonna continue, on le voit. Il n’est pas prêt de s’arrêter. Douze ans après l’assassinat du préfet Erignac.
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