Corse Matin PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 21 Juin 2010 15:39

 

INTERVIEW Christine COLONNA.

 

1-Dans quel état d'esprit Yvan Colonna aborde t-il cette nouvelle étape devant la cour de cassation le 23 juin 2010?

 

Comme à chaque fois, il essaye de ne pas être « dépendant » de la décision à venir, afin que le résultat , bon ou mauvais, ait le moins d'impact possible sur son moral.

Bien sûr, si le jugement du procès en appel est cassé, ce sera une victoire , même si cela restera sans effet par exemple sur une possible libération...

 

2-Avec le recul, quels sont vos sentiments sur la comparution devant le tribunal correctionnel de Paris des personnes suspectées d’avoir aidé votre frère pendant sa cavale?

Sept ans après les faits, il y avait évidemment un décalage. Malgré les apparences, le tribunal s'est donné beaucoup de mal pour noircir le tableau et faire de ceux qui l'ont aidé un réseau « logistique terroriste ». Il ne s'agissait que d'entraide, d'humanité , les débats l'ont démontré. Il a été très ému de les revoir, désolé aussi d'avoir été la cause de tous leurs ennuis...

 

3-Ces quatre années de fuite ont-elles été du temps perdu ou du temps gagné?

 

Il préfère penser qu'il n'a pas perdu de temps...En revanche , les faits lui ont donné raison, la justice l'avait condamné par avance et s'est employée par la suite à apporter de l'eau au moulin d'une culpabilité construite.

 

4-Comment votre frère se prépare t-il psychologiquement à affronter la justice?

 

Psychologiquement, il reste combatif pour affronter dans les meilleures conditions possibles sa détention au quotidien et préparer les prochaines échéances .

 

5-Compte tenu de toutes les étapes franchies, que changerait-il dans sa stratégie de défense?

 

Rien! Il a par moment des regrets sur le procès en appel, mais le refus de reconstitution lui est apparu intolérable au vu des éléments révélés à l'audience. Ce refus signait, en tout état de cause, un verdict de condamnation déjà décidé.

 

6-Quels commentaires vous inspirent les deux précédents procès en assises ?

 

Mon frère est un homme en colère qui, au cours de son parcours judiciaire n'a rencontré que déloyauté , arrangements avec le droit, pressions politiques, et des adversaires animés par la seule raison d'état. Des premières gardes à vue aux deux procès en passant par la case instruction, comment peut on penser raisonnablement que des juges, nommés pour une cour spéciale, ne se soucient pas de l'avis d'un chef d'état ou de la partie civile qui a logiquement le soutien sans faille de ce même état?

 

7- Votre frère garde t-il espoir ?

Il est éternellement dans l'attente, les étapes se succèdent et le temps passe...11 ans...en cas de cassation, il y aura un nouveau procès , il est déterminé à ne rien laisser passer!

 

Propos recueillis par Hélène Romani.